Confort sonore et besoins du cerveau

Image : Simulation bio-mathématique d’une hallucination visuelle

La chambre sourde : une expérience pour comprendre

La chambre sourde est une pièce complètement – 97% – isolée des sons extérieurs.
Lorsqu’on y reste un moment on observe deux phénomènes :

  •  on entend les battements de notre coeur, le sang qui passe dans nos vaisseaux, l’air qui passe dans nos poumons, le bruit de nos articulations en mouvement, mais aussi le bruit de fond de nos oreilles
  • au bout d’un certain temps le cerveau a horreur du vide et commence à entendre des hallucinations auditives produites par l’hémisphère droit – Julian Jaynes

Les astronautes font des séjours dans la chambre sourde expérimentale de la NASA pour s’habituer à entendre leurs hallucinations auditives.

Dans le meilleur des cas on hallucine la chanson douce que nous chantait notre grand-mère.
Si dans notre petite enfance on a été exposé à une répétition lancinante d’un son ou d’un texte c’est cela qui va se manifester sous forme d’hallucination.
Cela peut être insupportable.

Jad Abumrad raconte qu’il a entendu comme des abeilles, le sifflement du vent dans des arbres, la sirène d’une ambulance.
Son témoignage est intéressant car il décrit un phénomène intermédiaire entre « entendre son corps » et « entendre une hallucination ».
A un moment il entend comme des pleurs. Les experts de la chambre sourde – laboratoire Bell – lui expliquent que lorsque le cerveau entend un bruit nouveau – ici le bruit de la circulation de son sang – il lui donne un nom connu – ici « ça pleure ».

Jad Abumrad cite une fiction de Tim O’Brien’ “The Things They Carried”.
Pour sa fiction Tim part d’une expérience vécue pendant la Guerre du Vietnam où un peloton de soldats doit rester parfaitement silencieux et ils se mettent à halluciner.
Dans le contexte de peur et d’angoisse les hallucinations sont – pour certains – insupportables.
Alors ils doivent faire du bruit au risque de se faire repérer et tuer.

Des marins solitaires, des gardiens de phare, des spéléologues font l’expérience des hallucinations auditives ou visuelles.

Les adolescents en manque de sommeil, en nutrition perturbée, en consommation de psychotropes ont un seuil d’hallucination très bas. C’est pour cette raison qu’ils ont toujours un casque sur les oreilles : pour empêcher les hallucinations auditives de se manifester.

Les nouvelles maisons trop bien isolées phoniquement

Chaque personne a une capacité propre à entendre des hallucinations.
Telle personne peut être toujours sensible.
Pour telle autre ce peut être provisoire en fonction d’une fatigue, de la prise d’un médicament, d’une carence alimentaire, etc..

C’est alors que le « trop de silence » d’une maison nouvelle peut poser problème.

On observe cela lorsque les gens passent de la ville à la campagne juste pour les vacances ou définitivement.
Pour certains le silence est insupportable. Alors on « met la radio ».
Le prix à payer est de se priver des hallucinations auditives qui peuvent être très intéressantes à vivre et à étudier.

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Source : WikiMédia Dr Mario Markus

 

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