Gandhi : une influence de jeunesse

En 1967 Lanza del Vasto a 66 ans, Martin Luther King a 39 ans et John Lennon 27 ans.
Tous les trois ont, parmi leurs grands inspirateurs, Gandhi.
J’ai eu pour enseignant en histoire-géographie un « personnage » Jean Beaupère cadre au PSU.
Avec lui nous créons, au Lycée de Bourgoin-Jallieu, un Club UNESCO.
Le Courrier de l’UNESCO a un rôle déterminant dans la formation de ma conscience politique, etc.
Sandy Koffler – fils d’un rabbin américain d’origine roumaine – étant le rédacteur en chef, le « patron » du journal. (1)
René Maheu est le Directeur de l’UNESCO.
En tant que « missionnaires de la paix » les auteurs des articles du Courrier de l’UNESCO font référence de manière directe ou indirecte à Gandhi.
John Lennon est aussi, à sa façon, un missionnaire de la paix.

Juin 1967, Place de la Préfecture, Grenoble

Les étudiants des gauches plus ou moins radicales viennent recruter à la sortie du Lycée où je passe le bac.
Le coeur n’y est pas – pour le bac – mais les tripes y sont – pour manifester contre De Gaulle qui doit parler depuis le balcon de la Préfecture.
La foule est retenue par des barrières et des forces de police tandis que la place à libre pour le prochain passage du Général.
Combien sommes nous à nous faufiler et à nous asseoir au centre de la place ?
Une centaine ?
Ce sont les gendarmes mobiles – et pas les CRS – qui sont chargés du maintien de l’ordre.
Près de la préfecture, deux rangs d’une quinzaine de gendarmes chacun commence à « balayer » la place tranquillement, en marchant au pas de défilé.
Ils sont armés de fusils – MAS 49 ? – qu’ils tiennent en travers de leur poitrine.
A leur approche TOUS les jeunes gens assis se lèvent et partent comme une volée de moineau.
Tous sauf un qui reste assis : il a lu Gandhi.
Les quatre gendarmes concernés par ma présence sur leur trajectoire m’évitent sans me bousculer.
Deux officiers viennent me prendre par les épaules et me portent dans la foule, derrière les barrières.
Le lendemain je fais de l’auto-stop entre La Tour du Pin et Grenoble.
L’automobiliste qui me prend en charge est le Commissaire de police chargé de la sécurité du Général de Gaulle.
Nous parlons de choses et d’autres.

Note

(1) Le programme de Sandy pour le Courrier de l’UNESCO en 1947 :

« Le travail de l’UNESCO est si varié, son programme comporte un tel nombre de sujets vitaux et importants, dans les champs de l’éducation, de la science et de la culture, qu’il n’y aura aucune difficulté à rassembler des articles à la fois vivants et intéressants », écrit-il. Ambitieux, il ne souhaite pas limiter le contenu du journal aux seules actions de l’UNESCO, mais offrir à ses lecteurs une revue de presse internationale, interviewer des personnalités de l’Organisation et du monde de la culture et des sciences, introduire des articles approfondis écrits par des experts issus du monde entier. Il propose d’embaucher des rédacteurs qualifiés pour les éditions française et espagnole, afin qu’elles ne soient pas de simples répliques et les parents pauvres de l’édition anglaise. Il s’engage à « mettre le journal aux normes qui permettraient sa vente au grand public ».

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