Lactoferrine et cellules malignes

Attention !

D’une part, je trouve des publications académiques où la lactoferrine attaque les cellules malignes.
D’autre part, des publications où la lactoferrine FAVORISE les cellules malignes.

Voir Fer et cellule maligne.

J’interroge ChatGPT pour les deux cas – ici en anglais.

Et je découvre ainsi qu’il existe DEUX SORTES de lactoferrine.
Apolactoferrine ne contient pas de fer et peut donc en capter dans la cellule maligne qui n’aime pas ça !
Hololactoferrine contient du fer qu’elle peut donner à la cellule maligne qui aime ça.

Chose curieuse, certains chercheurs ne précisent pas avec quelle type de lactoferrine ils ont travaillé !!!

Cas où la lactoferrine – apo – freine la prolifération des cellules malignes

  1. Prévention de la cancérogénèse

Cancers du côlon et de l’œsophage : La lactoferrine bovine (bLf) administrée par voie orale a réduit l’incidence et la multiplicité des tumeurs du côlon et de l’œsophage induites chimiquement lors d’études animales.

Mécanisme : Modulation du microbiote intestinal, réduction de l’inflammation, suppression des lésions de l’ADN et régulation de la prolifération cellulaire/apoptose.

  1. Amélioration de la surveillance immunitaire

La Lf stimule l’activité des cellules tueuses naturelles (NK), les lymphocytes T cytotoxiques et la production de cytokines antitumorales (par exemple, l’IL-18).

Ceci est pertinent dans les cancers où l’évasion immunitaire est essentielle, comme la leucémie, le mélanome et les tumeurs solides.

  1. Effets antiprolifératifs et pro-apoptotiques directs

In vitro, la lactoferrine inhibe la prolifération et induit l’apoptose dans :

Cellules cancéreuses du sein

Cellules de carcinome hépatocellulaire

Cellules leucémiques

Mécanismes : Arrêt du cycle cellulaire (point de contrôle G1/S), activation des caspases, modulation des voies MAPK et PI3K/AKT.

  1. Effets anti-angiogéniques et anti-métastatiques

La Lf diminue la régulation du VEGF (facteur de croissance de l’endothélium vasculaire), inhibant ainsi l’angiogenèse.

Elle réduit également l’invasion tumorale et les métastases en bloquant les métalloprotéinases matricielles (MMP).

Étudé dans des modèles de carcinome pulmonaire, de mélanome et de cancer du sein.

  1. Chimioprévention chez les patients à haut risque

Essais chez l’homme :

Au Japon, la lactoferrine bovine administrée par voie orale (1,5 à 3 g/jour) a réduit la croissance des polypes adénomateux chez les patients à risque de cancer colorectal.

Suggère un rôle préventif, notamment dans les cancers gastro-intestinaux.

  1. Adjuvant en cancérologie

Certaines études montrent que la Lf peut améliorer l’efficacité de la chimiothérapie (p. ex., doxorubicine, cisplatine) et réduire les effets secondaires tels que l’immunosuppression ou la mucite.

Sa capacité à moduler le métabolisme du fer pourrait également contribuer à limiter la disponibilité du fer pour les cellules tumorales tout en soutenant les tissus sains.

✅ Résumé :
La lactoferrine semble particulièrement efficace dans la prévention et les stades précoces des cancers, en particulier les cancers colorectaux, de l’œsophage et d’autres cancers du tractus gastro-intestinal, et s’avère prometteuse comme traitement d’appoint pour les tumeurs solides (sein, poumon, foie, mélanome). Les mécanismes comprennent le renforcement immunitaire, les effets antiprolifératifs, l’anti-angiogenèse et la modulation du microbiome.

Cas où la lactoferrine – holo – pourrait favoriser la prolifération des cellules malignes

1. Lactoferrine chargée en fer (Holo-Lf)

  • Mécanisme : Les cellules tumorales dépendent fortement du fer pour la synthèse et la prolifération de l’ADN.
  • Alors que l’apo-lactoferrine (sans fer) peut séquestrer le fer et limiter la croissance cancéreuse, l’holo-lactoferrine (saturée en fer) pourrait servir de donneur de fer. * Ceci peut potentiellement stimuler la prolifération de tumeurs gourmandes en fer, telles que :
  • Cellules leucémiques
  • Carcinome hépatocellulaire
  • Cancer colorectal (selon le statut en fer du microenvironnement)

2. Expression différentielle des récepteurs

  • La lactoferrine se lie aux récepteurs de la lactoferrine (LfR) et à la protéine apparentée au récepteur des lipoprotéines de basse densité (LRP1), qui sont souvent surexprimés dans les cellules cancéreuses, ce qui augmente l’absorption du fer.
  • Dans certains cancers (par exemple, glioblastome, cancer du sein), cette absorption peut alimenter la croissance tumorale si la lactoferrine est saturée en fer.

3. Effets pro-survie / anti-apoptotiques dans certains contextes

  • Certaines études suggèrent que la Lf, notamment sous sa forme humaine glycosylée, peut activer les voies PI3K/AKT ou ERK dans certains types cellulaires, entraînant :
  • Augmentation de la survie cellulaire
  • Réduction de l’apoptose
  • Cet effet pourrait se produire dans certaines lignées cellulaires de cancer du sein ou de mélanome, selon les conditions de culture.

4. Dépendance au type de tumeur et au microenvironnement

  • Dans les environnements fortement carencés en fer, la lactoferrine pourrait agir de manière protectrice en éloignant le fer des cellules cancéreuses.
  • Mais dans les environnements riches en fer ou inflammatoires, la lactoferrine pourrait paradoxalement apporter du fer et soutenir le métabolisme tumoral.

Résumé

  • Apo-lactoferrine (sans fer) : Généralement anticancéreuse (prive les tumeurs de fer, renforce l’immunité).
  • Holo-lactoferrine (saturée en fer) : Peut favoriser la prolifération tumorale dans les cancers fer-dépendants (leucémie, cancer du foie, cancer colorectal, cancer du sein, glioblastome).
  • L’issue dépend de :
  • Statut en fer (forme apo vs holo)
  • Type de tumeur et expression des récepteurs
  • Microenvironnement (riche en fer vs pauvre en fer, état inflammatoire)

👉 La lactoferrine est donc une arme à double tranchant : protectrice dans certains cas, mais potentiellement tumorale dans d’autres, en particulier lorsqu’elle est riche en fer et dans les cancers qui perturbent le métabolisme du fer.

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