Vignette : Pensée bicamérale : documents

Pensée bicamérale : deux documents

L’hallucination devient « à la mode »

http://ries.revues.org/3464

Un document sur la privation sensorielle

Je propose ici une traduction des formules du document ci-après avec le modèle de la pensée bicamérale de Jaynes.
« On peut imaginer ce que devient le psychisme d’un individu privé … »
En France non! Car le « scientisme » a écarté de son champ d’expérience les « voix » – réservées à Jeanne d’Arc – et les hallucinations – réservées à André Breton et consorts. Voir document cité ci-dessus.
Donc seulement quelques marins solitaires et ingénieurs en chambre sourde peuvent « imaginer » en fait « se rappeler » de leurs propres expériences dans un cadre de privation sensorielle.
« formations délirantes »
Le mot est très trompeur. Si l’on écoutait avec attention le « délire » du sujet on trouverait une logique interne dans ce discours, la logique bicamérale. Mais pour entendre cette logique il faut justement l’accepter et accepter que soi-même on a une pensée bicamérale avec un « vernis » de conscience. Vernis qui craque après seulement quelques heures de navigation solitaire, etc..
« Des hallucinations sont alors provoquées par la stabilité permanente du milieu »
Pas du tout ! L’hallucination est le phénomène premier et naturel. C’est la sollicitation permanente de notre univers visuel qui « endort » nos hallucinations. Elles sont juste là sous le vernis et se réveillent dès que les sollicitations cessent.
« le confinement dans une pièce silencieuse entraînait des troubles psychiques … graves »
Est-ce que la régression bicamérale est un trouble psychique grave ?
Je suis dans un lieu silencieux et j’entends une voix là devant moi un peu en haut à droite. Si je connais le processus, je me dis juste « Tiens, une voix ! »
Si je suis sur une dune très unie et que je vois apparaitre, tel Tintin, l’objet de mon désir est-ce grave ?
« Tiens, l’objet de mon désir est sur la dune ! »
Si, étant gamin, on m’a hurlé : « Ceux qui entendent des voix on les enferme ! » je serai un peu moins cool.
« la perte de la faculté de se concentrer et de penser de façon cohérente »
Bien sûr ! Cette petite chose minuscule qu’est ma conscience me permet, avec des formules textuelles et/ou avec des formules gestuelles et/ou avec des formules visuelles d’organiser le monde, de lui donner un « sens ».
Georges Lakoff avec Mark Johnson a observé que la formule « le banc du square est devant la statue » est tout sauf naturelle. C’est une convention – dans une certaine culture – qui décide de l’organisation spatiale des choses.
Le corps immobilisé, les aires auditives envahies de voix, ne peuvent plus être conscientes, ne peuvent plus rien organiser.
« le sentiment de dédoublement »
C’est la définition même de la pensée bicamérale. Je suis « deux ». Ma chambre cérébrale gauche ET ma chambre cérébrale droite qui chacune vit sa vie sans coordination par la conscience.
« sentiment de perte des membres »
Sentiment tout à fait normal !!!
Jaynes observe que dans l’Iliade sont décrits des membres mais jamais un corps entier-uni.
Les vases de l’époque ne représentent jamais un corps entier-uni mais des membres, etc. juxtaposés.
C’est une des fonctions de la conscience que de transformer le monde premier cloisonné en monde unifié – voir les chats de Louis Wain dans l’article joint à celui-ci.
Le document proposé par Yves Beaupérin
« En Irlande du Nord, les policiers ont recours à la privation sensorielle pour réduire les suspects à leur merci.  La recette est d’une extrême simplicité : le masque (cagoule), l’isolement auditif, la station debout, la privation totale de sommeil et de nourriture pendant les premiers jours.  On peut imaginer ce que devient le psychisme d’un individu privé pendant plusieurs jours de tout stimulus extérieur : pas le moindre son, pas la moindre odeur, pas la moindre lumière …

« La littérature scientifique consacrée à la privation sensorielle est abondante.  En 1964, le professeur Zubeck mit en évidence un ralentissement du rythme de l’électro-encéphalogramme chez les sujets soumis à une privation prolongée.  Les expériences entreprises au Canada sous l’égide du ministère de la Défense ont montré qu’un bref séjour dans les chambres isolées suffisait pour que des formations délirantes apparaissent dans l’esprit du sujet.

« Des hallucinations sont alors provoquées par la stabilité permanente du milieu.  Les professeurs Smith et Lewy ont montré, dès 1959, que le confinement dans une pièce silencieuse entraînait des troubles psychiques plus ou moins graves chez les sujets qui y demeuraient plus de dix heures…

« Les effets de cette torture sont donc multiples, et toute description ne peut qu’être approximative.  En voici tout de même les principaux, la perte de la faculté de se concentrer et de penser de façon cohérente, l’incapacité de s’orienter dans l’espace et le temps, des hallucinations, le sentiment de dédoublement et de perte des membres …

In http://mimopedagogie.pagesperso-orange.fr/Beauperin/Anthropologiedugeste/Bilateralisme.pdf
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