Allié pour temps difficiles

Dans le langage chamanique, un allié est une puissance aidante.
Ce peut être un esprit, un animal, un ancêtre, une plante, un lieu, une force ou une présence symbolique avec qui ON établit une relation pour recevoir guidance, protection, guérison, divination ou force.
« ON » peut être le chamane, son « patient » ou une personne aidante.

Quand le défi est de taille, le chamane entre dans un état modifié de conscience pour se rendre dans l’Autre-monde dans lequel il rencontre un ou plusieurs alliés.

1. Il n’y a pas que les alliés de la littérature

Un allié peut être :
Un esprit aidant — par exemple une figure ancestrale.
Un animal de pouvoir — un guide ou protecteur prenant une forme animale.
Une plante alliée — une plante comprise comme enseignante ou être-médecine.
Un lieu, un élément ou une force — montagne, rivière, feu, vent, grotte, tambour, etc., considérés comme sensibles, vivants et/ou spirituellement chargés.
Un esprit au sens de souffle, de parole, etc. — un être protecteur ou enseignant qui guide par des conseils, des chants / mantras ou une protection.

Un allié n’est pas simplement un « ami imaginaire » ni simplement un « esprit domestiqué ».
Il vaut mieux le comprendre comme une relation avec une source de puissance, de connaissance ou de protection. Dans une lecture psychologique, on peut aussi l’interpréter comme une figure symbolique profonde issue de l’inconscient, porteuse d’intuition, d’instinct et de sens archétypal – Carl Gustav Jung, Mircea Éliade, etc.

2. Trouver un allié ou chercher un allié ?

Trouver 1 : l’allié se manifeste à l’occasion d’une crise physique, émotionnelle, etc.
Trouver 2 : l’allié se manifeste dans une situation de quête existentielle – encore faut-il accepter que c’est un allié.
Par exemple, un jour, c’est une minuscule araignée qui m’a fait un clin d’oeil.

Chercher 1 : par la voie physique du jeûne, du marathon sans sommeil, de l’isolement sensoriel, etc.
Chercher 2 : par le tambour, le chant, la psalmodie, le mantra, etc.
Chercher 3 : par le voyage chamanique guidé
Chercher 4 : par l’usage de plantes-substances hallucinogènes – dans certains pays ou cela est autorisé avec l’accompagnement d’une personne qualifiée – un chamane de préférence.
Chercher 5 : processus mentaux nommés méditation, visualisation, etc.

Attendre que l’allié se manifeste de sa propre initiative n’est pas une bonne idée !!!

D’abord : poser une intention claire.

Allié bienveillant, approprié pour moi maintenant, voudrais-tu te manifester ?

Le mot bienveillant est important.
Tout ce que l’on rencontre dans l’imagination, le rêve ou la transe ne doit pas être automatiquement considéré comme fiable.

Ensuite : entrer dans un état réceptif.
Cela peut se faire par un rythme de tambour, une respiration calme, une marche dans la nature, le dessin, la prière ou l’incubation d’un rêve. Les traditions chamaniques impliquent souvent une modification volontaire de la conscience, mais cela ne signifie pas abandonner le discernement.

Puis : repérer les répétitions.
Un allié se reconnaît souvent parce qu’il revient : le même animal, personnage, végétal, paysage, son, objet ou image apparaît à plusieurs reprises dans les rêves, les voyages intérieurs, les dessins, les synchronicités ou les intuitions fortes.

Puis encore : poser des questions.
Dans la rencontre intérieure, on peut demander :
« Que m’apportes-tu ? »
« Qu’enseignes-tu ? »
« Comment dois-je travailler avec toi ? »
« Quelles sont tes limites ? »
« Comment puis-je honorer cette relation ? »

Si j’accompagne un « patient »
Je veille à ce que l’allié :
– ne soit pas un produit de l’ego, un « allié inventé »
– ne soit pas contre les autres
– ne se substitue pas à des choses à faire très concrètement pour sa santé ou la santé d’autrui.

Dans le temps
Mon expérience est qu’un allié est particulièrement efficace pendant un temps donné.
Ensuite c’est un autre allié qui prend le relais.

3. Comment entre-t-on en relation avec un allié ?

Le mot-clé est réciprocité.

On ne « se sert » pas d’un allié comme d’un outil. On cultive une relation.

Quelques manières concrètes d’entrer en relation :

Le respecter.
L’approcher avec gratitude, non avec volonté de domination. Demander, écouter, attendre.

Nourrir la relation.
Cela peut passer par des offrandes, des chants, de l’attention, le fait de dessiner l’allié, de marcher dans son habitat, d’apprendre des choses sur l’animal, la plante ou le lieu réel, ou de dédier une action à cette relation.

Demander de l’aide, sans abandonner son jugement.
Un allié peut être consulté, mais la responsabilité éthique ordinaire reste la vôtre. Une instruction dangereuse ne devient pas sacrée parce qu’elle apparaît dans une vision.

Apprendre ses qualités.
Un allié-renard peut enseigner la ruse, la discrétion, l’adaptabilité.
Un ours peut enseigner la force, le retrait, l’hivernation, les limites.
Une rivière peut enseigner le flux, la patience, l’érosion, le passage.
Le sens n’est pas fixé une fois pour toutes : il se révèle dans la relation.

Ramener l’enseignement dans la vie ordinaire.
Le but n’est pas seulement d’avoir des visions.
La vraie question est :

Cet allié m’aide-t-il à vivre avec plus de courage, de perception, d’équilibre et d’attention à autrui ?

Réalisé avec l’aide de ChatGPT + quelques auteurs + mon expérience

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